Malgré une forte opposition au Parlement, Emmanuel Moulin décroche finalement la tête de la Banque de France
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Malgré une forte opposition au Parlement, Emmanuel Moulin décroche finalement la tête de la Banque de France

La nomination de l’ex-secrétaire général de l’Elysée, Emmanuel Moulin, a été validée par les sénateurs et députés ce mercredi 20 mai, après l’avoir auditionné dans la matinée.

Le vote des Républicains a été décisif. Le Sénat et l’Assemblée nationale ont validé la nomination d’Emmanuel Moulin pour gouverner la Banque de France. Ex-secrétaire général de l’Elysée, Emmanuel Moulin a été entendu ce mercredi 20 mai au matin par le Sénat puis l’Assemblée nationale, qui ont eu le dernier mot sur sa nomination.

Et le suspense était entier, dépendant largement du vote des LR, les socialistes ayant annoncé mardi leur intention de voter contre. Le résultat final est serré puisque 54,7% des députés et sénateurs se sont prononcés contre la nommination d’Emmanuel Moulin pour succéder à François Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France. En effet, il aurait fallu atteindre les trois cinquièmes des suffrages pour rejeter sa nomination à ce poste clé (60%).

Lors de sa première nomination à la tête de la Banque de France en septembre 2015, François Villeroy de Galhau avait obtenu un avis bien plus favorable de la part des parlementaires avec une majorité d’avis favorables à l’Assemblée (34 voix contre 8) et au Sénat (25 voix contre 5).

Haut fonctionnaire de 57 ans au CV prestigieux, Emmanuel Moulin a été proche de l’ancien président Nicolas Sarkozy, de l’ex-ministre de l’Économie Bruno Le Maire et il est passé par Matignon en 2024 lorsque Gabriel Attal était Premier ministre, avant d’arriver à l’Elysée en avril 2025 en tant que secrétaire général.

“La diversité de mon parcours et la variété des missions que j’ai remplies me dote d’une expérience précieuse pour exercer les fonctions de gouverneur de la Banque de France”, a soutenu Emmanuel Moulin devant les sénateurs.

“Compétent et déterminé, je n’en suis pas moins ouvert et attentif aux avis divergents. J’entends les interrogations qui peuvent naître”, a-t-il ajouté. “J’ai la conviction que je pourrai diriger avec indépendance une institution fière de son histoire et tournée vers l’avenir, au service d’une monnaie fiable et d’une économie forte, stable et durable” a-t-il assuré devant la commission des Finances de la chambre haute du Parlement.

Emmanuel Moulin a déclaré ne pas pouvoir se prononcer pour l’instant sur la position qu’il adopterait lors de la prochaine réunion de la BCE sur les taux d’intérêt en juin, celle-ci dépendant des données économiques disponibles d’ici là, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés de l’énergie.

Il a ajouté que tout signe indiquant un désancrage des anticipations d’inflation serait déterminant et que les décideurs politiques devraient se montrer particulièrement vigilants à l’égard de l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils tels que ceux de
l’énergie et des denrées alimentaires.

L’évolution des salaires constituerait le troisième indicateur essentiel à surveiller avant la réunion de juin afin de déterminer si le choc actuel lié au conflit au Moyen-Orient a
un effet durable sur l’inflation. “Si le choc est persistant et de grande ampleur, il faudra clairement réagir”, a déclaré Emmanuel Moulin aux sénateurs.

“S’il est de grande ampleur mais non persistant, une action peut-être modérée sera nécessaire si le choc est uniquement transitoire.”

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