La campagne électorale a-t-elle été biaisée lors des municipales 2026 dans certaines villes ? La justice va tenter de répondre à cette question à la suite d’accusations portées par La France insoumise.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour faire la lumière sur une éventuelle ingérence étrangère d’une entreprise israélienne aux dépens des Insoumis Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud, durant les municipales.
De « fausses accusations de viol »
« Vous prenez votre voiture et vous voyez un panneau (d’affichage) avec votre nom et un QR code qui renvoie vers de fausses accusations de viol », a raconté mercredi dernier devant la presse à Paris Sébastien Delogu, qui était candidat à Marseille. François Piquemal s’est lui souvenu de « créations de pages sur des réseaux sociaux colportant les pires rumeurs », de « la divulgation » de ses « mots de passe de réseaux sociaux » ainsi que de faux visuels de campagne lors des municipales à Toulouse. « L’extrême droite israélienne a-t-elle volé les municipales à Toulouse ? » s’était-il interrogé également mercredi dernier, entouré de ses avocats.
David Guiraud, à Roubaix, est l’autre candidat ciblé, avait rapporté sur ses réseaux le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Tous trois auraient été ciblés pour leur « engagement en faveur de la cause palestinienne », selon Sébastien Delogu.
Cette campagne de dénigrements ayant visé des candidats LFI lors des municipales de mars a été opérée depuis Israël, avait indiqué récemment une source informée du dossier, les quotidiens français Libération et israélien Haaretz évoquant le rôle de deux entreprises basées dans ce pays.
Un goût de « bureau des légendes », selon l’avocat de LFI
« C’est “Le bureau des légendes” », a brossé mercredi dernier Me Xavier Sauvignet, l’un des avocats de LFI, en référence à cette célèbre série d’espions. Et de pointer des « officines en Israël, en lien avec un certain nombre de proches du pouvoir en place, ainsi que des services d’espionnage et contre-espionnage israéliens ».
L’affaire est désormais entre les mains du parquet de Paris, qui a indiqué mardi avoir ouvert « d’initiative » une enquête pour « rechercher si la campagne de certains candidats LFI aux élections municipales avait pu être ciblée par une opération dans l’intérêt d’un Etat tiers ».
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Le parquet a toutefois rappelé que « la notion d’ingérence ne vise pas les intérêts d’une personne ou société étrangère, mais d’un Etat étranger, et aucune suspicion d’une intervention de ce type » ne lui a « été signalée ». Sur l’enquête ouverte, les chefs des investigations sont « intelligence avec une puissance étrangère », « détournement de suffrage d’électeurs par fausses nouvelles ou manœuvres frauduleuses », et « apologie en ligne de terrorisme », au « regard de certains logos utilisés ».




