Sous pression, Olivier Faure refuse toujours de quitter la tête du PS
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Sous pression, Olivier Faure refuse toujours de quitter la tête du PS

Olivier Faure à l’Assemblée nationale.

À voix basse, et sans forcément le formuler explicitement, certains commencent à demander son départ. Olivier Faure le sait : sa décision de voter la censure de Sébastien Lecornu lundi 6 juillet l’a considérablement fragilisé. Avec dix-neuf autres députés (sur une soixantaine), le Premier secrétaire du PS a choisi de s’associer aux Écologistes et à La France insoumise pour s’opposer à « l’inaction » et à « l’impréparation » du gouvernement aux catastrophes climatiques en votant la censure du gouvernement.

Il l’avait annoncé dans une interview au Parisien. Il voulait « adresser un avertissement clair » au Premier ministre, dans un moment où « le défi écologique est relativisé et les crédits qui lui sont destinés sont systématiquement rabotés ». Las. Sous la houlette de Boris Vallaud, une large majorité de députés PS a décidé l’inverse, accentuant les divisions et les désaccords internes. Résultat : Olivier Faure a été contredit par ses propres troupes.

« Il est minoritaire, comme dans une forme de cohabitation. C’est une situation baroque : un chef de parti désavoué par ses collègues », cingle le député Jérôme Guedj ce mardi sur Sud Radio. Le vice-président du département du Lot Rémi Branco va plus loin. Dans les colonnes de l’Opinion, il dénonce « un niveau d’irresponsabilité jamais atteint par un Premier secrétaire du PS ». « Comment prétendre diriger et fédérer un parti lorsqu’on ne respecte même pas la discipline de vote dans son groupe à l’Assemblée nationale ? Olivier Faure doit se soumettre ou se démettre », fulmine-t-il.

Une démission ? Olivier Faure y a pensé, mais la balaye d’un revers de main. « Je ne suis pas sûr que beaucoup l’exigent », réplique-t-il ce mardi sur France 2. À la tête du PS depuis 2018, celui qui a dû relever un parti à terre après le quinquennat Hollande en a vu d’autres. « Parfois il faut être en avance, faire des choix difficiles, prendre des risques. C’est ce que j’ai fait depuis huit ans à chaque étape. Y compris avec des succès. Si je n’avais pas été là, est-ce que le PS serait encore là ? ».

Fidèle à lui-même, le député de Seine-et-Marne affiche le calme des vieilles troupes. « Si je n’avais pas fait le choix de l’unité de la gauche, du rassemblement, aujourd’hui je ne serais pas là pour en parler et aucun socialiste ne serait là », défend-il. Quand il prend les rênes du PS en 2018, le groupe à l’Assemblée ne dispose que de 31 sièges. Il en a aujourd’hui le double.

Olivier Faure est d’autant plus sur la sellette qu’un vote crucial des militants, organisé jeudi, pourrait une fois de plus sonner comme un désaveu. Les adhérents PS doivent se prononcer sur l’organisation d’une primaire à l’automne. Réservée aux seuls militants ou à tous les Français ? Le Premier secrétaire défend la seconde option. S’il perd, il exclut (là encore) de démissionner, expliquant que tous les Présidents qui ont perdu un référendum n’ont pas quitté le pouvoir.

Et s’explique une fois de plus sur sa stratégie. « J’ai cherché à rassembler un bloc qui n’a aucune chance de l’emporter s’il part divisé. Nous l’avons déjà vécu depuis 2002. Cela fait vingt-quatre ans que nous connaissons cette situation ». Les plus observateurs remarqueront qu’il parle au passé. Sans doute un détail.

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