Raphaël Glucksmann, photographié à Blois, lors de la rentrée du PS le 29 août. EN BREF
• Raphaël Glucksmann confirme avoir été visé par une opération de désinformation russe par le biais d’une vidéo au sujet de Léa Salamé.
• Les autorités françaises ont selon lui identifié le groupe Storm-1516, lié à la Russie, comme responsable.
• Le gouvernement prépare une loi pour lutter contre les fausses informations en période électorale.
« Cette attaque n’est qu’un avant-goût de ce qui va suivre ». Quelques jours après la diffusion sur X d’une vidéo le ciblant lui et sa compagne, Raphaël Glucksmann confirme ce mardi 4 août qu’elle est le fruit d’une ingérence numérique étrangère.
« Le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) m’a informé que j’étais la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU (les services secrets de l’armée russe), explique l’eurodéputé Place publique sur le réseau social. L’opération russe est identifiée, tracée, attribuée. »
Reproduisant les codes du média Blast, la vidéo en question usurpe l’identité de sa journaliste phare Salomé Saqué et du fondateur de Mediapart Edwy Plenel. Dans ce clip de deux minutes grossièrement monté, une voix robotique explique que Léa Salamé aurait « tenté de soudoyer des médias en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive de son mari et à promouvoir son programme électoral ».
Démentie tant par Raphaël Glucksmann que par Blast et les journalistes dont l’identité a été usurpée, la vidéo a rapidement laissé penser qu’elle était produite par des acteurs pro-Kremlin, tant elle était partagée par des comptes relayant également la propagande russe.
Une implication qui a donc été confirmée par les autorités françaises auprès de Raphaël Glucksmann et que le probable candidat à la présidentielle de 2027 se prépare à subir pendant ces prochains mois. « Cette attaque n’est qu’un avant-goût de ce qui va suivre (…) Ses services [de Vladimir Poutine, ndlr] cibleront tous les candidats démocrates et pro-européens. Comme ils savent pertinemment que je les combats depuis 20 ans sans relâche (…) ils me viseront particulièrement, » prédit-il, tout en assurant que cette hostilité le « motive » et « souligne la justesse » de sa lutte.
En juin, et après un bilan des ingérences repérées pendant la campagne des élections municipales, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait évoqué des « perspectives de menaces lourdes » sur l’élection présidentielle et pouvant viser l’ensemble de la classe politique. Un projet de loi visant à renforcer les moyens de lutter contre les fausses informations en périodes électorales et hors contexte électoral a été présenté en conseil des ministres le 22 juillet, et devrait être examiné au Parlement cet automne.




