Mélenchon et Attal, une étonnante “bromance” qui se poursuit… sur la dette
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Mélenchon et Attal, une étonnante “bromance” qui se poursuit… sur la dette

Début le début de l’été, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon multiplient les invectives par médias interposés et sur les réseaux sociaux. EN BREF
Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal s’affrontent sur la question de la dette dont le premier envisage d’annuler une partie.
Les deux candidats utilisent les réseaux sociaux pour débattre sur des sujets aussi divers que l’eau, les gens du voyage ou les institutions.
Le premier débat entre eux (et les autres candidats) aura lieu fin août lors des universités d’été du Medef

C’est la saga inattendue de l’été. Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal passent leur mois d’août à s’interpeller, ou s’invectiver, sur les réseaux sociaux, pour donner à voir leurs différences idéologiques radicales. Dernier sujet en date : la dette, et la proposition du leader insoumis d’en annuler une partie, celle directement détenue par la banque de France.

L’ancien Premier ministre s’est effectivement joint ce jeudi 14 août au concert de critiques qui s’abat sur le quadruple candidat à la présidentielle, en l’accusant de vouloir « ruiner le pays. » Pour lui, cette idée revient à « refuser d’honorer nos créanciers » et constitue « un délire pur et simple. » « Ce genre de proposition ne fait que renforcer ma détermination à me battre pour que lui et sa meute n’accèdent jamais au pouvoir », a-t-il lancé aux caméras de BFMTV, qui le suivait pour une nouvelle étape de son tour de France aoûtien.

La réponse n’a pas tardé, dans un registre tout aussi cinglant. « Ce garçon ne connaît rien au sujet. L’annulation de cette dette n’impacte aucun créancier ! Il s’agit d’une écriture comptable interne », réplique Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, s’interrogeant ce vendredi matin sur les leçons de celui qui « prétend diriger notre pays après avoir fait 1200 milliards de dette sans savoir comment fonctionnent la Banque centrale européenne et la Banque de France. » Un partout. Balle au centre ?

En réalité, le score est bien plus élevé. Pour cause, depuis plusieurs semaines, tous les sujets de fond possibles sont exploités par les deux protagonistes pour s’affronter, des enjeux hydriques aux installations illégales de membres de la communauté des gens du voyage. Avec des bénéfices partagés ? Sans doute.

Le premier, engagé dans une opération « remontada » face à Édouard Philippe, peut compter sur un « sparring partenaire » de choix pour faire valoir ses idées et son opposition frontale aux thèses portées par la gauche radicale. Le second, « en retrait mais pas en retraite » dans sa maison du Loiret, profite, lui, de ces algarades, pour ajuster ses meilleurs coups contre un des héritiers les plus en vue de la macronie. Comme un échauffement, en somme, avant les débats politiques qui rythmeront cette fin d’été, et le début de l’automne.

Parmi ces échanges, souvent vifs, la question de l’eau. En proposant une grande stratégie en la matière le 9 août dernier, faite de chasse au gaspillage ou de bouclier tarifaire, Gabriel Attal a envoyé une pierre dans le jardin de celui qui investit ce sujet depuis 2022. Contrairement aux insoumis, qui « veulent faire » de la gestion de l’eau « un objet de décroissance et d’idéologie », selon lui, le candidat de Renaissance à la présidentielle revendique « un outil de progrès et d’écologie. »

En réponse, l’insoumis lui a accordé un bon point, expliquant qu’il avait raison de se soucier de ces questions. Mais pour mieux faire valoir sa primeur sur le sujet, et sa propre proposition d’écorégion. « Comme nous ne disons pas la même chose, créons le débat pour produire de la prise de conscience », a-t-il également lancé, résumant ainsi l’esprit de cette fausse bromance.

Avant cela, les deux se sont écharpés sur les gens du voyage. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « le show » de Gabriel Attal « venu envenimer un problème », quand celui-ci s’est rendu dans un campement en Vendée, flanqué de plusieurs caméras de chaînes d’informations. S’en est suivi un échange musclé sur l’expérience politique de chacun. Autres sujets de discordes : la question des canadairs, quand l’ancien Premier ministre a accusé l’insoumis de « faire du trumpisme » avec ses attaques sur les coupes budgétaires ayant empêché la commande de plusieurs appareils.

Ou encore, la réforme des institutions. Sur ce dernier sujet, le candidat LFI a reproché à l’ancien chef du gouvernement de vouloir l’avènement d’un « spoil système » à l’américaine, « c’est-à-dire nommer les dirigeants des administrations publiques parmi ses partisans. » Réponse de Gabriel Attal : « Quand on éructe “la République, c’est moi”, quand on passe son temps à insulter ceux qui en portent l’uniforme, on est mal placé pour donner des leçons républicaines. » Autant d’échanges qui dessinent ce que seront les prochains débats.

Le premier vrai match de cette élection présidentielle est programmé fin août, le 27, lors des universités d’été du Medef. Les deux hommes devraient croiser le fer en compagnie de plusieurs autres candidats dans la course élyséenne. Le lieu de cette rencontre ? Le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros. D’ici là, coups droits et revers seront réglés.

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