Cette candidate RN aux sénatoriales n’est pas vraiment alignée avec une cause chère à Le Pen
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Cette candidate RN aux sénatoriales n’est pas vraiment alignée avec une cause chère à Le Pen

Marine Le Pen, ici à Roland-Garros le 27 août 2026, lors du premier débat de la présidentielle organisé par le Medef.

Chiffon rouge au Rassemblement national. Si la présidentielle est bien sûr au premier plan de leurs préoccupations, le parti d’extrême droite travaille aussi sur une autre élection, à l’échéance bien plus proche : les sénatoriales prévues le 27 septembre. Dans les Bouches-du-Rhône, le RN a choisi comme tête de liste Marie-Pierre Callet. Ex-LR, l’élue départementale est aussi une grande amatrice de corrida, rapporte Libération, en contradiction avec la position personnelle de Marine Le Pen.

Marie-Pierre Callet a été investie par le Rassemblement national en mai, après s’être mise en retrait de ses fonctions de cinquième vice-présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône présidé par la LR Martine Vassal. À l’époque, le député RN Franck Allisio se réjouissait de cette nouvelle prise à la droite et vantait son « profil idéal » auprès de Public Sénat.

Vraiment ? Comme l’a repéré Libération, Marie-Pierre Callet est une passionnée de corrida, au point qu’elle a célébré le 26 août dernier l’anniversaire de son intronisation comme « rejoneadora », soit pratiquante de la corrida à cheval. « 26 ans ont passé… la passion, elle, est toujours intacte », écrit-elle. En 2012, le magazine Objectif Gard lui consacrait même un portrait où elle présentait la tauromachie comme « l’histoire de (sa) vie ». Or le sujet est clivant au Rassemblement national, où deux lignes coexistent.

La plus connue est celle de Marine Le Pen, toujours prête à partager son amour des chats (au point d’amener l’un d’eux à Matignon) et plus largement son engagement en faveur du bien-être animal. Logiquement, la corrida n’a donc pas la cote : en 2022, le programme de la candidate à la présidentielle contenait même une mesure pour l’interdire aux mineurs.

Mais voilà, cette position se heurte à celle d’une partie de ses députés, en particulier ceux du Sud qui en sont de fervents défenseurs. En 2022, l’élu du Gard Nicolas Meizonnet défendait par exemple dans un amendement le caractère « traditionnel » de la corrida, « ancrée dans certains territoires Français » et « partie intégrante de l’économie et la culture de certaines villes. » Élu maire de Vauvert en mars 2026, il a réintroduit en août la pratique dans les arènes de la ville.

Pour éviter de cliver ses troupes, Marine Le Pen leur avait octroyé en 2024 la liberté de vote sur une proposition écologiste visant à faire abolir la corrida. L’investiture de Marie-Pierre Callet comme tête de liste dans les Bouches-du-Rhône s’inscrit dans une logique similaire, alors que le parti fait tout pour obtenir un groupe à la chambre haute. Il leur faut pour cela réussir à faire élire 10 sénateurs, un nombre facilement atteignable après leurs gains aux municipales.

« La question n’est pas de savoir s’ils auront un groupe mais plutôt l’amplitude de ce groupe », nous glissait avant l’été un habitué du Palais du Luxembourg, soulignant que l’influence de l’extrême droite au Sénat dépendra en partie de sa capacité à siéger au bureau, ce qui nécessite au moins une quinzaine d’élus. « À marée basse, nous serons au minimum huit. À marée haute, 12 ou 13 dès le 27 septembre », pronostiquait fin août le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox. Le parti d’extrême droite compte actuellement 3 élus au Sénat dans le groupe des « non-inscrits ». S’y ajoute Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône mis à l’écart par le RN pour son soutien à Éric Zemmour en 2022 et ses démêlés avec la justice. Il a malgré tout maintenu sa candidature et affrontera donc Marie-Pierre Callet.

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