Affaire Patrick Bruel : Agnès Jaoui brise le silence — « Il y a des choses qu’on ne tolère plus aujourd’hui »
De passage à Cannes pour la projection hors compétition de son dernier film “L’Objet du délit”, en salles dès ce 27 mai, la cinéaste a dénoncé la remise en question de la parole des femmes qui évoquent les violences sexuelles qu’elles ont subies.
“Il y a des choses qu’on n’acceptait plus, qu’on acceptait, ou que les femmes acceptaient à une époque”, a affirmé jeudi la réalisatrice et comédienne Agnès Jaoui au micro de BFMTV, répondant à une question sur Patrick Bruel, lors de son passage à Cannes pour la présentation hors compétition de son film L’Objet du délit.
“J’entends beaucoup dire ‘pourquoi les femmes se réveillent trente après?’, observe l’intéressée. Il y a encore beaucoup d’incompréhensions par rapport à cela. D’abord, ils ne savent pas que ces femmes sont allées se plaindre à la police et qu’on ne les a pas entendues. Ils ne savent pas non plus que cela prend souvent beaucoup de temps de réagir.”
Et de renchérir: “C’est beaucoup une question de temps, d’époque, de temps personnel pour comprendre un traumatisme, pour accepter que ce n’est pas normal, pour accepter d’en parler à nouveau, pour se rendre compte que vingt ou trente ans après, c’est toujours une douleur. Tout cela est complexe. Les hommes et les femmes qui ne l’ont pas vécu ne se rendent pas compte.”
Sa dernière comédie L’Objet du délit qu’elle a coscénarisée, en salles dès ce 27 mai, avec Eye Haïdara, Daniel Auteuil ou encore Claire Chust, évoque justement ces questionnements post-MeToo. Elle raconte les coulisses de la préparation d’un opéra, percutée par une accusation d’agression sexuelle, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position.




