« La Ve République est à bout de souffle » : Vallaud relance le débat
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« La Ve République est à bout de souffle » : Vallaud relance le débat

Le patron des députés socialistes à l’Assemblée nationale réintroduit dans le débat la proportionnelle. Selon l’élu, ce changement de mode de scrutin permettrait de tendre vers «un régime authentiquement primo-ministériel».

Patron des députés socialistes (PS) depuis 2022, Boris Vallaud a publié jeudi un long texte sur certains moments charnières dans et en-dehors de l’Assemblée nationale. L’élu conclut par la nécessité de préparer un avenir qui pourrait se vivre «durablement» en majorité relative.

«La Ve République est un grand cadavre à la renverse», alerte le député des Landes dans l’incipit de cette note à la fondation Jean Jaurès, consultée par l’AFP. Le cadre socialiste revient sur quelques moments charnières, comme la dissolution ou la censure du gouvernement de Michel Barnier, alterne entre des anecdotes, solennelles ou légères, sur les grands moments des négociations avec François Bayrou ou Sébastien Lecornu.

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Une vingtaine de pages qui sont aussi l’occasion de sonner le tocsin de l’avenir du parlementarisme. S’il a «de fait éclos» avec les majorités relatives en 2022 puis 2024, il reste «peuplé de parlementaires sans culture parlementariste», estime l’élu, qui s’inclut dans le lot. Dépeignant un «paysage politique» potentiellement «durablement fractionné», il estime que «nous devons formuler l’hypothèse raisonnable que nous ne connaîtrons peut-être plus jamais d’Assemblée majoritaire», et préparer les élections législatives sur cette base.

Comment ? En s’attelant à «inverser le calendrier électoral» dans les négociations, avec un «contrat de législature d’une gauche plurielle» censé faire émerger ensuite «le chemin d’une candidature commune». Ce qui ressemble à un chemin de croix au vu des désunions de la gauche et des difficultés au sein même du PS à avancer sur le chemin d’une candidature. Celui à qui l’on prête des ambitions présidentielles, – qu’il n’a jamais confirmées -, propose de se servir du scrutin proportionnel comme d’une «mèche».

«Consacrant un gouvernement issu d’une majorité parlementaire négociée, il légitime et porte en lui la nécessité du compromis et en fait même une forme d’éthique démocratique», soutient le député à propos de la proportionnelle, qui est loin de faire l’unanimité au sein du PS. Arguant que «l’extrême droite menace de l’emporter à la loyale et retourner la démocratie en son contraire», il appelle au «passage à l’acte», en changeant le mode de scrutin pour aller in fine vers «un régime authentiquement primo-ministériel», avec notamment un pouvoir de dissolution de l’Assemblée transféré du président de la République au premier ministre.

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