Marine Le Pen et Jordan Bardella, ici à l’Elysée en 2024 (photo d’illustration)
La justice n’a pas encore tranché sur la candidature de Marine Le Pen en 2027, mais les soutiens du Rassemblement national, oui. Alors que la cheffe de file de l’extrême droite saura ce mardi 7 juillet si elle peut représenter son camp à la prochaine présidentielle, son dauphin et remplaçant Jordan Bardella a de plus en plus la cote chez les militants, selon une enquête YouGov réalisée pour le HuffPost.
Marine Le Pen a été condamnée en première instance à une peine d’inéligibilité de 5 ans avec exécution provisoire dans l’affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du FN. En appel, la cour peut décider d’une sanction similaire ou d’une peine de prison ferme aménagée sous bracelet électronique, deux scénarios qui mettraient un terme à ses ambitions élyséennes. Mais elle peut aussi décider d’une peine d’inéligibilité plus légère, de deux ans ou moins, qui permettrait à la triple candidate de retenter sa chance une quatrième fois.
Mais une partie des sympathisants du Rassemblement national a un autre avis : pourquoi ne pas faire de Jordan Bardella le candidat du parti, même dans une configuration où Marine Le Pen est apte à se présenter ? Selon l’enquête de notre partenaire YouGov, ils sont 52 % à plébisciter cette option, soit un électeur RN sur deux. À l’inverse, 41 % estiment que Jordan Bardella ne devrait se porter candidat qu’en cas d’empêchement de l’ancienne présidente du parti.
Longtemps seule figure de poids du Rassemblement national depuis l’éviction de son père, Marine Le Pen doit désormais composer avec la popularité de Jordan Bardella. Avant même ses 30 ans, l’eurodéputé a été propulsé à la tête du RN par Marine Le Pen elle-même, avant qu’elle le désigne comme son potentiel remplaçant pour briguer l’Élysée. Depuis, l’eurodéputé n’a cessé de gagner en popularité, au point de s’imposer comme la personnalité préférée des Français (39 % d’opinions positives, contre 38 % pour Le Pen) dans le baromètre mensuel YouGov pour Le HuffPost.
Mais en interne, tout n’est pas aussi rose. À l’approche de la décision de justice, le Rassemblement national fait face à plusieurs difficultés, à commencer par unifier son discours. Car les dernières semaines ont laissé apparaître des dissonances entre la leader du parti et son dauphin, notamment sur la question des retraites ou la taxation des plus riches. Des désaccords révélateurs de deux lignes politiques distinctes, entre proximité affichée avec les classes ouvrières pour Marine Le Pen et tournant plus libéral pour Jordan Bardella.
Régulièrement confrontés à ces fausses notes internes, les cadres du parti s’emploient à déminer. « Le bardellisme ne peut pas exister parce que c’est du marinisme », a ainsi déclaré fin juin le député Jean-Philippe Tanguy, très proche de Marine Le Pen. Mais au vu des résultats de l’enquête YouGov et des sondages d’intentions au premier tour où Bardella dispose toujours de quelques points de plus que Marine Le Pen, il faut croire qu’au Rassemblement national, les sympathisants du parti préfèrent finalement la copie à l’original.
L’enquête a été réalisée sur 1014 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 30 juin au 2 juillet 2026.




