« Τοᥙt ᴠа rепtrеr dапѕ l’οrdrе… » Ꮮа ѕtrаtéɡіе dᥙ ᎡΝ аᥙtοᥙr dе Βаrdеllа іпtrіɡᥙе
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« Τοᥙt ᴠа rепtrеr dапѕ l’οrdrе… » Ꮮа ѕtrаtéɡіе dᥙ ᎡΝ аᥙtοᥙr dе Βаrdеllа іпtrіɡᥙе

Le slogan, les visuels et le site de campagne resteront dans les cartons. Au Rassemblement national, on confirme, « tout était prêt » pour lancer la fusée Jordan Bardella 2027. Mais le jugement de la cour d’appel de Paris, mardi 7 juillet, a finalement permis à Marine Le Pen d’être candidate à la présidentielle. « Sa décision a été prise très vite, comme l’inéligibilité n’était plus de court », souffle un cadre. Au JT de 20 Heures, elle indique se pourvoir en cassation et affirme que plus rien ne l’empêche de se lancer dans la course à l’Elysée. Très vite, le RN met en ligne le site de campagne. Une affiche et son slogan : « Pour la France, la Renaissance », qui met en scène la quinquagénaire condamnée en appel pour détournements de fonds publics dans une position christique. Sur les réseaux sociaux, l’euphorie gagne les élus du RN. Pas Jordan Bardella, qui se contente de republier sur X deux posts de la « patronne ».

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« Ça s’est fait brutalement »

Voilà des mois que le président du RN se préparait à mener sa première campagne présidentielle. Des mois, aussi, que le populaire eurodéputé de 30 ans s’imaginait entrer à l’Elysée, au gré de sondages très favorables. Mais en quelques heures, à 9 mois du scrutin, le « plan B » redevient numéro 2. « Forcément, l’attente du jugement devait être un moment particulier pour Jordan [Bardella], je ne vous le cache pas, reconnaît l’eurodéputé Gilles Pennelle. Mais ils ont une relation de confiance et d’amitié très forte. Il mènera la campagne au service de Marine Le Pen ». Dès le lendemain de la décision judiciaire, le duo est en déplacement à La Flèche, dans la Sarthe. « Ce n’est ni du soulagement, ni de la déception, la campagne démarre […] et je me réjouis que Marine puisse porter nos couleurs », répond Jordan Bardella aux journalistes. Mais devant les caméras, le poulain a le visage fermé. L’attitude détonne avec le large sourire arboré par Marine Le Pen.

En privé, on confirme que le président du RN a mis quelques jours à encaisser le coup. « Quand vous êtes prêt à lâcher les chevaux, et qu’on vous dit brutalement ”en fait non”, c’est presque physique. Il y a un relâchement de la tension. Ça s’est fait un peu brutalement, il n’y a pas eu d’atterrissage », assure un proche de l’élue du Pas-de-Calas. « Mais pour le coup ce n’était pas candidat ou rien. C’était candidat ou Premier ministre », ajoute-t-il. La désillusion affichée interroge toutefois sur son rôle dans la future campagne.

Un rôle de perturbateur dans la campagne ?

Jordan Bardella a déjà montré qu’il n’entendait pas s’effacer dans les mois à venir. « Je vais évidemment continuer à jouer un rôle de premier plan », dit-il le 13 juillet dans un entretien au Figaro. « Un parti sans discussion et des chefs entourés de silence, cela n’existe pas ». Une manière de dire, y compris à certains en interne, qu’il ne la mettrait pas en sourdine. « C’est un duo soudé. Il n’y a pas de risque de dissension. Ils ont leur personnalité propre, mais ils défendent le même projet, la même vision pour le pays », évacue l’eurodéputé RN Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen.

Depuis plusieurs mois, le candidat putatif a tenté de faire bouger la ligne du parti, jusqu’ici tenue de main ferme par Marine Le Pen, osant même émettre des désaccords publics avec la députée d’Hénin-Beaumont sur les retraites ou la taxation des surprofits des géants énergétiques. Relégué au second rang, Jordan Bardella aura-t-il la même liberté en pleine bataille présidentielle ? « Il y a beaucoup de spéculation sur la ligne économique, et le programme aurait de toute façon été arbitré par les mêmes personnes. Mais à l’évidence, le poids de chacun aurait été différent… », soupire un député UDR, allié du RN, qui regrette en creux d’avoir à soutenir une candidature moins « pro-business ».

« C’est elle qui décide »

Ces dernières semaines, Jordan Bardella avait aussi tenté de mettre sa patte sur le programme, en souhaitant par exemple revenir sur l’interdiction du voile dans l’espace public, une mesure phare du parti. Un proche de Marine Le Pen affirme que toutes ces dissonnances appartiennent au passé. « C’était lié à l’incertitude judiciaire, il y avait un flou sur le candidat, donc les mesures ne pouvaient pas être arbitrées définitivement. Tout ça va rentrer dans l’ordre », tranche-t-il. Les cadres du mouvement se réunissaient d’ailleurs au nouveau siège du parti jeudi 16 et vendredi 17 juillet pour un séminaire centré sur le projet présidentiel. Une réunion à huis clos pour aplanir, aussi, les sujets de crispation entre les deux têtes du parti. « Le programme est travaillé avec Jordan [Bardella], depuis longtemps. Marine [Le Pen] prend les avis des uns et des autres, mais c’est elle qui décide, c’est elle qui tranche. C’est elle la candidate », indique un des participants.

La cohésion du « ticket », qui serait amené à gouverner le pays en cas de victoire, sera scrutée dans les prochains mois. Jordan Bardella, lui, se moque de ses détracteurs dans le Figaro. « Lorsque je lis les journaux et j’écoute les commentateurs […], j’ai l’impression d’assister à mon propre enterrement politique. Qu’ils gardent les pelles, je n’ai pas l’intention d’y participer ». Le matériel de campagne a bien été rangé dans les tiroirs, pas ses ambitions.

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