Les grandes manœuvres continuent à droite. Le patron des députés LR loue les capacités de l’ancien Premier ministre dans un entretien au «Figaro» publié ce mercredi. Il prend également ses distances avec Bruno Retailleau, qui l’a battu pour la présidence du parti.
Le macronisme a perdu de sa radioactivité. Dans un entretien au Figaro publié ce mercredi, Laurent Wauquiez estime que le candidat Horizons à la présidentielle, Edouard Philippe, est apte à «incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France». Après avoir pourfendu les héritiers d’Emmanuel Macron lors de sa campagne pour la présidence du parti en 2025, Wauquiez loue aujourd’hui les qualités du maire du Havre.
«Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Edouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France», a-t-il affirmé, quatre jours avant le grand meeting du candidat Horizons. «La question est de savoir ce qu’il veut faire pour reconstruire la France», ajoute-t-il, appelant l’ancien Premier ministre, qui devance dans les sondages les autres candidats de droite et du centre, à dévoiler le programme qu’il entend porter à la présidentielle.
«On ne peut pas se contenter de dire qu’on va faire barrage contre les extrêmes car on ne gagne pas une élection sur un rejet», estime-t-il. «Il faut gagner sur un projet», souligne celui qui a été battu l’an dernier par Bruno Retailleau lors d’une élection interne à la présidence du parti Les Républicains.
Dans le même entretien, le député de Haute-Loire a la dent très dure avec le candidat de son propre camp, qui a obtenu ce printemps le soutien de près de 75 % des adhérents LR. S’il ne mentionne pas directement le nom de l’ancien ministre de l’Intérieur, il émet des craintes sur son obstination à aller au bout de sa campagne. «Il faut, le plus tôt possible, savoir se retirer si c’est nécessaire, considère Wauquiez. A partir de l’automne, il sera urgent d’adopter la logique du rassemblement. Or, pour l’instant, je ne vois qu’une logique ultra-puriste.»
Partisan d’une primaire ouverte pour désigner un candidat unique de la droite à la présidentielle, Wauquiez brandit aussi la menace d’un second tour entre LFI et le RN si les candidats de la droite et du bloc central ne parviennent pas à se mettre d’accord. «Si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d’éliminer un candidat de droite et d’avoir permis la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour. Jamais de la vie je ne participerai à cela», promet le patron des députés Les Républicains.




