Ιⅿⅿіɡrаtіοп : Ρһіlірре dіt οᥙі là οù Μаϲrοп dіt пοп
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Ιⅿⅿіɡrаtіοп : Ρһіlірре dіt οᥙі là οù Μаϲrοп dіt пοп

Édouard Philippe, ici au Havre le 7 novembre 2024 – photo d’illustration

Édouard Philippe l’assure, « le sujet » de la prochaine présidentielle « ce n’est pas de rompre ou de ne pas rompre » avec le macronisme. Mais il n’y a pas non plus de mal à cultiver sa différence avec un chef de l’État peu populaire. En l’occurrence sur l’immigration, une thématique sur laquelle le Havrais entend bien s’imposer pour convaincre sur sa droite.

Dans une interview à La Tribune Dimanche ce dimanche 21 juin, Édouard Philippe a dit son soutien au « règlement retour », un texte adopté quelques jours plus tôt par le Parlement européen et qui prévoit la création de « hub retour », des centres créés dans des pays extérieurs à l’UE pour accueillir les personnes en situation irrégulière expulsées du territoire européen. « C’est un bon texte », a jugé le candidat à la présidentielle. « Je pense que la France peut avoir vocation à avoir recours à cette solution. Il sera intéressant de voir comment nos voisins vont l’utiliser », a-t-il ajouté.

Le recours à ces « hubs retours » est laissé à la main des États européens. Plusieurs pays comme l’Allemagne, la Grèce ou l’Italie étudient la possibilité de nouer des accords avec des pays tiers. Mais en France, Emmanuel Macron a étrillé une mesure qui n’est « ni efficace, ni ne correspond aux principes qui sont les nôtres ». Le texte prévoit que les « hubs retour » soient créés dans des pays dits « sûrs », c’est-à-dire qui respectent les droits humains et le droit international. Mais dans les faits, les conditions d’accueil des personnes expulsées dépendront surtout tout des accords bilatéraux qui seront conclus entre le pays expulseur européen et le pays tiers.

Ce point cristallise les inquiétudes. « Des gens qui ne veulent pas, ou que vous n’arrivez pas à faire revenir dans leur pays d’origine, vous allez trouver un troisième pays dans lequel vous allez les pousser. Ce pays va accepter, contre de l’argent. Quel pays ? Quelle relation vous créez ? Quels droits humains ? », avait fustigé Emmanuel Macron quelques jours après le vote du Parlement européen. L’ONU a aussi mis en garde contre « de hauts risques de violation des droits humains ».

Édouard Philippe a balayé ces craintes, estimant que « les États tiers ne seront pas choisis n’importe comment, puisqu’ils devront s’engager sur des valeurs communes à l’Union européenne et respecter des obligations importantes ». Au Parlement européen, ses deux élus Nathalie Loiseau et Gilles Boyer ont voté pour le texte, dont l’adoption a été marquée par les cris de joie des groupes d’extrême droite.

L’ancien Premier ministre a récusé toute proximité avec la ligne de l’extrême droite sur l’immigration, se défendant de vouloir « une immigration zéro, populiste et (qui) ne correspond pas à l’intérêt de la France ». « Ça me paraît être une différence assez notable entre le RN et moi », se défend-il. Ce n’est pourtant pas la première fois que les élus Horizons et ceux de l’extrême droite votent à l’identique. À l’automne 2025, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de résolution pour dénoncer les accords franco-algériens de 1968. Si Édouard Philippe avait déjà dit sa volonté de revenir sur ces accords, le texte était cette fois porté par le groupe de Marine Le Pen. Il a été voté avec l’appui de 17 élus Horizons .

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