Le RN veut « couper le robinet » à l’Ukraine, mais Marine Le Pen n’apprécie pas qu’Édouard Philippe le rappelle
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Le RN veut « couper le robinet » à l’Ukraine, mais Marine Le Pen n’apprécie pas qu’Édouard Philippe le rappelle

Marine Le Pen est de nouveau renvoyée à sa proximité avec la Russie.

Un début de campagne difficile pour Marine Le Pen. Après les doutes sur sa ligne économique (qui ont conduit au retrait du conseiller François Duryve), la cacophonie sur l’interdiction du voile, voilà que la candidate à l’élection présidentielle est rattrapée par ses positions et celles de son parti à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine.

Ce sont des propos du vice-président du RN Louis Aliot qui la mettent dans l’embarras. Sur BFMTV, le maire de Perpignan a estimé que la guerre en Ukraine, menée depuis plus de quatre ans par la Russie, « a appauvri et affaibli l’Europe ». « On n’en sort pas. Des pays très influents se désintéressent de tout ça, à leurs propres bénéfices », a-t-il déclaré.

Interrogé sur l’attitude qu’adopterait un gouvernement dirigé par le RN à l’égard des aides financières et matérielles envoyées à l’Ukraine, il a répondu : « On coupe le robinet ». Avant d’expliquer : « On ne peut plus. Le système de santé, le système éducatif, tout le monde est à l’os. On trouve encore de l’argent pour aller défendre l’Ukraine. Je veux rien mais qui paye cette guerre ? Il faut savoir arrêter une guerre ».

Une position aussitôt critiquée par son rival Édouard Philippe, pour qui « couper le robinet à l’Ukraine, c’est servir la Russie ». « Le Rassemblement national a changé de position sur à peu près tout, sauf sur son soutien au régime de Poutine contre les intérêts français et européens », dézingue le candidat Horizons à la présidentielle, qui ajoute : « Affaiblir l’Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen, c’est menacer la sécurité de l’Europe et de la France. Je ferai tout pour l’en empêcher ».

Sujet difficile pour la candidate RN, souvent renvoyée à sa proximité avec la Russie. Il y a notamment une photo qui circule beaucoup, où on la voit serrer la main du leader russe. Photo prise à Moscou en 2017. Dans les faits, le RN vote régulièrement contre le déblocage de nouvelles aides pour Kiev. En février, Jordan Bardella et les élus de son groupe s’opposaient au prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine proposé par le Parlement européen.

La sortie de Louis Aliot a donc contraint Marine Le Pen à réclamer, sur X, que soit organisée « en urgence une grande conférence pour la paix ». Elle plaide ainsi pour « un règlement diplomatique de cette guerre abominable qui a déjà fait deux millions de victimes ».

Puis s’adressant directement à Édouard Philippe, la députée du Pas-de-Calais ajoute : « Vous, en revanche, premier ministre d’Emmanuel Macron, avez accepté que Vladimir Poutine soit reçu en grande pompe au château de Versailles puis au fort de Brégançon, sans parler de la grande réception du premier ministre russe que vous avez vous-même organisée au Havre en juin 2019 ». Façon de s’en prendre au « bilan international piteux » des différents gouvernements qui se sont succédé depuis 2017.

« Vous pouvez réécrire vos discours sur la Russie, vous ne ferez oublier à personne vos liens avec la Russie », a rétorqué le maire du Havre, rappelant que Marine Le Pen s’est « opposée aux armes pour l’Ukraine et aux sanctions contre Moscou. Si vous aviez été élue, l’Ukraine aurait été abandonnée depuis longtemps ».

Fait notable : dans sa réponse, Marine Le Pen ne reprend ni ne dément à aucun moment l’idée de « couper le robinet » d’aides à l’Ukraine formulée par Louis Aliot. Signe de dissensus internes, qu’il va devenir urgent de régler à huit mois du premier tour de la présidentielle.

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