Mélenchon mise sur Seine-Saint-Denis : le département devenu symbole d’un projet politique
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Mélenchon mise sur Seine-Saint-Denis : le département devenu symbole d’un projet politique

Par quel symbole commencer ? Bally Bagayoko fait en sorte qu’ils soient tous bien visibles dans son bureau de maire à l’hôtel de ville de Saint-Denis, où il nous reçoit un matin de mai. Il y a ce fameux portrait officiel d’Emmanuel Macron, décroché du mur et posé dans un coin pour protester contre l’incapacité de l’Etat, dit-il, à corriger les inégalités sociales. Une innocente provocation qui lui a valu un courrier de réprimandes de la part du préfet de la Seine-Saint-Denis pour le rappeler à l’« usage républicain ». Il y a aussi ce drapeau palestinien tendu derrière son fauteuil pour montrer son soutien à un peuple dont la cause est un puissant moteur des campagnes électorales de La France insoumise (LFI).

Et puis il y a, enfin, posée sur une chaise, cette pancarte sur laquelle sont barrés les noms de CNews et de ses têtes d’affiche, le philosophe Michel Onfray et les journalistes Pascal Praud et Gauthier Le Bret. L’objet est un souvenir de la manifestation contre le racisme organisée devant la mairie de Saint-Denis, le 4 avril, en réaction aux insultes (« grands singes », « tribu », « mâle dominant ») entendues contre lui sur la chaîne d’information. « La nouvelle France commence ici. Saint-Denis ville des rois ! », est-il écrit sur le carton.

On ne saurait dire si la France, neuve ou d’occasion, « commence » réellement ici, mais la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, oui. A 74 ans, le tribun « insoumis », qui avait pourtant promis qu’on ne l’y reprendrait plus, se lance pour la quatrième fois dans la course à l’Elysée avec un meeting sur le parvis de l’hôtel de ville, le 7 juin. Saint-Denis, deuxième plus grande commune d’Ile-de-France avec 150 000 habitants, n’est pas seulement la principale prise de guerre de LFI lors des élections municipales de mars. Elle est la traduction vivante du slogan de « nouvelle France » créé par son chef pour mener bataille contre ­l’extrême droite sur le terrain de l’identité nationale et espérer enfin franchir le seuil du premier tour de la présidentielle.

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