NBA Playoffs : Victor Wembanyama en mode extraterrestre, les Spurs à une victoire des finales de conférence

NBA Playoffs : Victor Wembanyama en mode extraterrestre, les Spurs à une victoire des finales de conférence

Fallait pas l’énerver ! Victor Wembanyama a tout donné, et même un peu plus, la nuit dernière à l’occasion du match 5 des demi-finales de conférence Ouest, un bras de fer tendu de bout en bout remporté par San Antonio face à Minnesota (126-97). Les Spurs ont pris un avantage majeur dans cette série (3-2) qui se joue au meilleur des sept matchs : une victoire lors d’une des deux prochaines manches les enverra en finale de conférence.

Le match a été serré, la performance des deux équipes très enlevée, mais tout le monde a d’abord regardé Wembanyama. Deux jours plus tôt, il avait été exclu pour un vilain coup de coude sur un adversaire, Naz Reid, coupable comme toute son équipe de s’en prendre physiquement, sur chaque action, au géant français. C’est sur le parquet, ballon en mains, que Wemby a cette fois-ci laissé éclater sa frustration (27 points, 17 rebonds, 5 passes, 3 contres).


Le bruit était plus fort que d’habitude, et les fans plus turbulents, lorsque son nom a été annoncé par le speaker de la salle. Sans aucun round d’observation, Wembanyama n’a pas attendu pour faire parler la poudre : un trois points qui a ravi le public, deux coups d’épaule sur son compatriote Rudy Gobert pour s’ouvrir le chemin du panier, et un dunk rageur sur lequel personne n’aurait pu s’opposer. « Wemby is back ! » (NDLR : Wemby est de retour), a même poussé le commentateur du match, sur la télé américaine.

Et pas qu’un peu : après six minutes de jeu, Wembanyama avait déjà inscrit 16 points. À la fin du premier quart-temps, il était à 18, et 6 rebonds, ce que seuls LeBron James et Nikola Jokic ont réussi, depuis 30 ans, dans un premier quart-temps de playoffs.

Il n’y a pas qu’au tableau d’affichage que le Français a répondu présent. Dans les duels aussi, il ne s’est pas démonté. Au bout de quatre minutes de jeu, les Timberwolves sont venus, un à un, le tirer par le bras, lui glisser des mots doux à l’oreille. Tout le monde, sur le parquet, a souri, mais ce n’était pas parce que ces joueurs passaient un bon moment : Wembanyama avait décidé de répondre par l’ironie et le chambrage aux tentatives adverses de le faire sortir de son match.

Ayo Dosunmu a essayé de faire sortir Victor Wembanyama de son match, mais le Français a cette fois-ci pris les choses avec le sourire. Ronald Cortes/Getty Images/AFP

Lorsque Rudy Gobert a laissé traîner ses pieds sous ceux d’un Wemby qui avait décollé pour tenter un tir, les arbitres ont arrêté le jeu pour aller revoir l’action à la vidéo, infligeant une faute à Gobert et déclenchant les applaudissements dans une salle ravie de voir Wembanyama protégé par les officiels.

L’intensité du match, elle, était incroyable et on a bien vu que les Spurs étaient en mission : lorsque Keldon Johnson est allé marquer un panier tout en puissance, dans son style si caractéristique, il s’est mis à crier aussi fort que le public, et tout le monde a compris, grâce aux expressions sans filtre de cet ailier de San Antonio, qu’il s’agissait un peu plus que d’un simple match de basket pour le groupe du Texas.


En même temps que Wembanyama avait été chahuté par les équipes adversaires avant de se faire justice lui-même, lors des matchs précédents, les Spurs, eux, avaient été touchés dans leur orgueil. C’est dans cet orgueil, sublimé par leurs qualités de basketteurs, qu’ils sont allés chercher ce qu’il fallait pour mettre au tapis des Timberwolves comme assommés, de plus en plus incapables, au fil du match, de répondre au défi physique imposé par San Antonio.

La dernière fois où les Wolves ont paru en mesure de rivaliser, c’était au milieu du troisième quart-temps. Ils avaient égalisé au score mais l’énergie qu’ils y avaient laissée leur a coûté cher ensuite. À San Antonio, le danger est venu de partout : de Wemby bien sûr, meilleur marqueur de la rencontre, mais aussi de Castle (17), Fox (18), Johnson (21) et de quelques autres. Comme à leur habitude, les Spurs ont partagé les lauriers : six joueurs ont terminé à plus de 12 points.

Leur défense, de l’autre côté du parquet, a été étouffante. Anthony Edwards a bien fait quelques miracles (20 points), mais Julius Randle, dont le basket est basé sur le défi physique, a été mis sous l’éteignoir (17 points à 35 % de réussite). Et lorsque les Wolves sont parvenus à trouver des espaces, c’est par le short, comme Keldon Johnson sur McDaniels en fin de premier quart-temps, que les Spurs ont retenu leurs adversaires.

Du vice, du basket un peu sale pour rattraper les quelques faiblesses. Mais surtout un cœur d’enfer. L’enfer qu’ils ont fait vivre à des Timberwolves déboussolés, qui n’avaient sans doute pas compris dans quel pétrin ils s’étaient mis en énervant Wembanyama lors des rencontres précédentes. Trop tard. Les Spurs se déplaceront vendredi soir à Minneapolis pour tenter de boucler cette série, avant une éventuelle dernière manche dans le Texas dimanche.

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