Raphaël Glucksmann a déploré avoir été la cible d’une opération russe de « déstabilisation de l’élection présidentielle », où il devrait être un des probables candidats, via une fausse information impliquant sa compagne la journaliste Léa Salamé et le journaliste Edwy Plenel. « Le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) m’a informé que j’étais la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU », les services secrets de l’armée russe, a indiqué le député européen sur ses réseaux sociaux lundi soir.
Cette opération de désinformation a été détectée en fin de semaine dernière et été menée par le réseau prorusse Storm-1516, a confirmé mardi à l’AFP une source sécuritaire. Storm-1516 avait déjà ciblé en juillet un autre candidat à la présidentielle, Édouard Philippe, via des posts sur les réseaux sociaux relayant de fausses informations sur sa santé.
Des deepfakes d’Edwy Plenel dans un faux média
Tout comme celle visant le patron d’Horizons, l’opération à l’encontre de Raphaël Glucksmann a eu « un niveau de visibilité relativement faible » sur les réseaux, précise la même source sécuritaire qui pointe toutefois une manipulation « relativement sophistiquée » avec le recours à un deepfake, à savoir « le détournement de l’identité et de la voix d’une personne médiatiquement connue pour donner de la visibilité », ici le journaliste Edwy Plenel. Ce dernier avait lui-même mis en garde il y a quelques jours sur X contre cette fausse information.
Raphaël Glucksmann explique que l’attaque le visant s’est faite par le biais d’un faux média « fabriqué de toutes pièces », reprenant les codes exacts du média en ligne Blast, pour « produire de faux documents, reproduire des voix grâce à l’intelligence artificielle, diffuser une vidéo entièrement truquée impliquant ma compagne Léa Salamé et Edwy Plenel ».
Mélenchon veut organiser un « front commun contre les ingérences »
Cette fake news faisait état d’un « complot » visant à favoriser la candidature de Raphaël Glucksmann. Elle « a été relayée sur les réseaux sociaux par d’autres faux médias », note l’eurodéputé. « Le but est de rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe », déplore-t-il, précisant qu’il s’agissait du « mode opératoire typique des services russes partout en Europe ».
Sur X, son rival à gauche Jean-Luc Mélenchon a jugé « urgent de se protéger collectivement contre ces campagnes de déstabilisation ». L’insoumis a indiqué que le coordinateur de LFI Manuel Bompard avait présenté au Premier ministre Sébastien Lecornu des « propositions ». « Il devait nous revoir. Pas de nouvelle », déplore-t-il.
Ingérences israélienne et russe au menu des élections françaises
« Il est temps d’organiser un front commun contre les ingérences », a-t-il affirmé, rappelant que plusieurs candidats insoumis aux municipales avaient eux aussi été victimes d’ingérence, cette fois venue d’Israël. Il s’agissait d’un réseau « complexe » de sites web et comptes de réseaux sociaux, menant vers une entreprise liée à un ex-membre des renseignements israéliens, selon les autorités françaises. Une enquête a été ouverte.
Pour Raphaël Glucksmann, « la campagne de 2027 sera marquée par des ingérences massives ». Il accuse notamment Vladimir Poutine de vouloir faire « basculer la France » pour obtenir « l’implosion du bloc européen ». « Ses services cibleront donc tous les candidats démocrates et pro-européens », prévient-il, et « me viseront particulièrement », car « je suis en première ligne pour défendre la souveraineté européenne ». « Loin de m’intimider, leur hostilité me motive. Nous ne laisserons pas les sbires du Kremlin ébranler notre démocratie », assure-t-il.




