Le ministre des Affaires étrangères concerné par le piratage des impôts (photo d’illustration, prise le 22 juillet 2026)
Des instances de l’État aux particuliers, tout le monde est exposé aux risques de cyberattaques. Y compris le ministre des Affaires Étrangères Jean-Noël Barrot qui a confié ce vendredi 4 septembre faire partie des victimes du piratage du Fisc révélé au cours de l’été.
« Moi aussi j’ai été concerné, j’ai reçu le mail (d’alerte des services fiscaux confirmant le vol des données, ndlr) et j’ai ressenti une forme d’inquiétude comme beaucoup de Français », a confié le locataire du Quai d’Orsay au micro de France Inter. Le piratage, survenu fin juin et fin juillet et revendiqué par le groupe de pirates Zerobytes, a concerné au moins 678 000 particuliers et professionnels, selon la direction générale des finances publiques (DGFiP).
Ce piratage massif a mis en difficulté le gouvernement, accusé d’avoir voulu cacher l’incident. Car ce n’est qu’après la revendication du hacker qu’il a été publiquement reconnu. Une enquête a été ouverte mi-août par le parquet de Paris qui a retenu les chefs d’extraction frauduleuse de données et d’association de malfaiteurs. Un collectif de victimes du piratage du Fisc a par ailleurs intenté une action collective contre l’État, notamment pour préjudice moral. « L’objectif est de demander à l’État réparation des conséquences de cette fuite, si les manquements à ses obligations de sécurité sont établis », a indiqué leur conseil.
Face aux inquiétudes, Jean-Noël Barrot s’est voulu rassurant et appelé à « différencier » les cyberattaques « du haut du spectre lancées par des puissances étrangères avec beaucoup de moyens » d’un piratage par des hackers individuels comme celui du Fisc. Sur les attaques dites « du haut du spectre », « nous avons développé des compétences reconnues dans le monde entier. Nous avons une agence nationale, l’ANSSI, que le monde entier nous envie. Je ne dis pas qu’on évitera toutes les attaques, mais on est mieux armés que bien des pays du monde pour y faire face », a assuré le ministre.
« Nous allons nous mobiliser pour apporter des réponses et protéger les Français » sur les piratages comme ceux qui ont été révélés au cours de l’été, a-t-il poursuivi, assurant que le gouvernement était « sur tous les fronts. »
Après le piratage, le gouvernement a présenté ses excuses aux contribuables concernés. Le Premier ministre a réclamé un audit approfondi à l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informationet réclamé la création d’une « unité cyber » chargée de concevoir « une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte » aux cyberattaques qui visent les services de l’État. Outre le Fisc et l’Éducation nationale en quelques semaines, c’est le ministère de la Transition écologique qui a été cyberattaqué le 2 septembre.




