Portrait de Macron décroché, appels à « l’insurrection populaire » : Bally Bagayoko au cœur d’une tempête politique
C’est le nouveau visage de LFI depuis sa victoire aux élections municipales à Saint-Denis. Il a fait irruption dans le baromètre de popularité Ifop pour Paris Match, en se payant le luxe de doubler Jean-Luc Mélenchon. Les médias se l’arrachent, vont jusqu’à la comparer à Barack Obama, voyant en lui le premier présidentiable noir de France.
Bref, tout va très très vite. Peut-être trop vite pour cet enfant de la banlieue de Saint-Denis, qui a longtemps été simple conseiller municipal communiste à Saint-Denis, avant de rejoindre LFI en 2017, déçu de ne pas avoir réussi à percer au Parti communiste. Alors quelles sont les raisons de cet emballement médiatique ? Et surtout, qu’est-ce que raconte le phénomène Bally Bagayoko de l’état du débat politique ?
Premièrement : Bally Bagayoko, c’est un symbole parce que c’est une cible. La cible de CNEWS. Et parce qu’il est l’objet d’une campagne raciste depuis le premier jour de son élection comme maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko est, de fait, un symbole. Celui de la revanche des Français issus de l’immigration, de ce qu’on appelle parfois de manière impropre « les racisés ».
C’est pour cette raison que Saint-Denis est devenu, avec Bally Bagayoko, l’épicentre de la « nouvelle France » multiculturelle et multiconfessionnelle théorisée par Jean-Luc Mélenchon. C’est pour ça que l’insoumis lancera sa quatrième campagne présidentielle à Saint-Denis, le 7 juin prochain.
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Ensuite, Bally Bagayoko, c’est une machine à polémiques au moins aussi performante que Jean-Luc Mélenchon et c’est pour ça que les médias se l’arrachent. Il y a eu sa décision controversée de décrocher le portrait d’Emmanuel Macron sa mairie, son duel avec Karim Bouamrane, le maire socialiste de Saint-Ouen, sur le savoureux dossier Master Poulet. Et puis, dernière cette polémique en date, cet appel à « l’insurrection populaire », c’est-à-dire une levée en masse contre l’arrivée au pouvoir du RN.
En évoquant ce scénario, puis en le répétant, Bally Bagayoko savait qu’il mettait une pièce dans la machine à buzz. Bingo : Philippe de Villiers voit en Bally Bagayoko l’incarnation d’une « France du déracinement », toute la droite s’indigne contre ce séparatisme anti-démocratie, dénonce une tentation séditieuse de LFI.
Voilà comment, avec une conflictualité savamment agitée, Bally Bagayoko déchaîne les passions. Au point de faire de l’ombre à Jean-Luc Mélenchon ? Bally Bagayoko sait qu’il y a des limites à ne pas franchir à La France insoumise, et qu’il ne vaut mieux pas défier l’autorité du chef.
Chaque chose en son temps donc : en 2027, c’est bien Jean-Luc Mélenchon qui portera la bannière de la « nouvelle France ». Preuve que l’ère du porte-parolat n’est pas complètement terminée dès qu’il s’agit d’élection présidentielle à LFI.




