Skip to content
Une décision « inévitable » selon le ministre des Affaires étrangères italien Antonio Tajani. Face au chaos humanitaire engendré par l’arrivée illégale de 60 000 migrants en provenance du Maroc dans l’enclave espagnole de Ceuta, l’Italie a pris la décision inédite de suspendre l’accord de Schengen avec l’Espagne ce vendredi 31 juillet.
Le ministère de l’Intérieur italien a précisé que l’Italie a fermé à l’Espagne ses points d’entrée maritimes et aériens, précisant néanmoins que les voyages des citoyens espagnols et européens vers l’Italie ne seraient pas impactés.
Les contrôles aux frontières aériennes et maritimes avec l’Espagne seront « ciblés » et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d’Espagne, a précisé le ministère. La mesure doit rester en vigueur pendant un mois à partir de samedi, a-t-il ajouté.
« La suspension temporaire de Schengen avec l’Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l’Europe. C’est une mesure prévue par les traités et qui est devenue aujourd’hui inévitable », a justifié Antonio Tajani sur X.
Selon lui, la crise migratoire à Ceuta résulte d’une « responsabilité partagée », sur laquelle les pays de l’Union européenne (UE) doivent « travailler ensemble pour empêcher que des flux incontrôlés de migrants n’entrent sur le territoire de l’UE ».
Ce jeudi 30 juillet, la cheffe du gouvernement d’extrême droite italien Giorgia Meloni avait déjà demandé une suspension de l’Espagne au sein de l’espace Schengen, qualifiant de « choquantes » les images des milliers de migrants arrivant à Ceuta. Mais cette mesure radicale est juridiquement impossible à mettre en place.
Un porte-parole italien a de son côté indiqué qu’à la suite de discussions avec la France, les deux pays allaient renforcer les contrôles aux frontières terrestres déjà en place.
L’intégrité de l’espace Schengen de libre circulation en Europe « est absolument garantie », la plupart des migrants entrés illégalement dans l’enclave espagnole de Ceuta étant retournés au Maroc, a de son côté affirmé le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares.
« Il n’est pas possible de se déplacer depuis Ceuta et Melilla (autre ville espagnole située sur la côte nord-africaine) jusque dans la péninsule (espagnole) sans s’identifier à un poste de contrôle de la police », a-t-il ajouté. « L’intégrité de l’espace Schengen est absolument garantie ».