La primaire « unitaire » voulue par plusieurs leaders de gauche, dont Marine Tondelier, verra-t-elle le jour ? À un an de l’élection présidentielle, le projet patine. La faute aux multiples divisions quant à la désignation d’un candidat commun de la gauche « non-mélenchoniste » pour barrer la route au RN et, donc, LFI. Dans un entretien accordé à Libération ce vendredi 29 mai, la députée écologiste Sandrine Rousseau a indiqué qu’elle ne « soutiendra jamais Raphaël Glucksmann au premier tour ».
« Nous perdrions alors notre âme en plus de notre groupe à l’Assemblée. Pour moi, ce cas de figure est inacceptable. À titre personnel, je ne soutiendrai jamais Raphaël Glucksmann au premier tour », tance-t-elle. Une diatribe symbole d’une gauche morcelée : le premier secrétaire du PS Olivier Faure s’est dit favorable à une primaire sans parvenir à rallier ses opposants en interne, tandis que Raphaël Glucksmann demeure candidat putatif et ne s’est jamais prononcé en faveur d’un scrutin unitaire.
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« Nous perdrions notre âme »
Opposée en interne à Marine Tondelier au sein des Verts, Sandrine Rousseau confie « redouter » un scénario : « Celui où l’on continue d’avancer sans se poser de questions, en maintenant la candidature de Marine Tondelier même en l’absence de primaire, et où à la fin elle finit par se rallier en urgence aux socialistes avec Raphaël Glucksmann. » Derrière les discours, le président de Place publique avance ses pions : son nouveau livre, paru ce jeudi, ressemble à un texte programmatique. L’intéressé est crédité de 11 % dans les sondages pour le 1er tour de la présidentielle – dans le cas d’une coalition PS-Place Publique.
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Tenante d’une ligne plus radicale que Raphaël Glucksmann, Sandrine Rousseau, finaliste malheureuse de la primaire des Écologistes en 2021, refuse toute hypothèse d’alliance. « Nous perdrions alors notre âme en plus de notre groupe à l’Assemblée. Pour moi, ce cas de figure est inacceptable. À titre personnel, je ne soutiendrai jamais Raphaël Glucksmann au premier tour », assène-t-elle. Prudente, elle estime que son parti doit mettre son soutien « en balance dans des négociations pour rallier un candidat contre un accord législatif solide, une capacité à créer une dynamique forte à gauche au premier tour, susceptible de rassembler au second ».
En sus, Sandrine Rousseau n’escompte pas céder un pouce de terrain sur sa ligne « profondément antilibérale, redistributive et non productiviste ». Soit tout le contraire, selon elle, d’un candidat social-démocrate. « L’écologie n’est pas compatible avec un système capitaliste libéral », conclut-elle.




