«Il est urgent d’ouvrir un véritable débat national sur les violences faites aux enfants », a écrit sur X le maire de Paris en marge de la visite d’une école du 17ᵉ arrondissement. « Un débat qui engage l’État, la justice, l’ensemble des institutions de notre République. Ce débat national devra se traduire en plan d’action et donc en moyens humains, financiers et judiciaires pour que notre pays soit enfin à la hauteur de l’enjeu. Protéger les enfants, croire leur parole, agir sans délai : c’est une responsabilité collective. Paris y prend toute sa part. »
La ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes-hommes Aurore Bergé a indiqué mardi qu’elle espère que le principe de l’imprescriptibilité des violences sexuelles commises sur un mineur pourra être intégré au projet de loi sur la protection de l’enfance. « Nous recevrons à la demande du Premier ministre, l’ensemble des parlementaires engagés sur cette question dès cette fin de semaine pour y travailler et pour, je l’espère, permettre que dès le texte sur la protection de l’enfance, cela puisse être inclus », a détaillé la ministre déléguée.
Les « moyens qu’on accorde à la justice » sont le vrai cœur du problème dans le dossier Lyhanna, a affirmé mardi l’avocat de ses parents, s’adressant à Emmanuel Macron qui a affirmé ne pas vouloir entendre un « argument de moyens dans cette affaire ».
« Par ma voix, cette famille endeuillée souhaite envisager les véritables responsabilités, celles des moyens qu’on accorde à la justice et à leur efficacité car oui, monsieur le président, c’est le vrai cœur du problème », a déclaré devant la presse François Roujou de Boubée, avocat des parents de la victime. « J’ai vu des décisions de justice qui n’étaient pas appliquées, faute d’avoir du personnel pour pouvoir le faire », a-t-il ajouté, alors qu’il s’exprimait pour la première fois depuis la découverte du corps de l’enfant, depuis le parvis de la mairie de Fleurance où vivaient Lyhanna et ses parents.
«Compte tenu de la nature criminelle des faits », le parquet d’Auch s’est dessaisi au profit de celui d’Agen dans le cadre d’une enquête pour viol sur mineure, viol par conjoint, séquestration et menaces visant le frère de Jérôme Barella dont la garde à vue est terminée, a annoncé mardi la procureure d’Auch.
Le frère du principal suspect dans l’affaire Lyhanna, résidant également dans le Gers, avait été placé en garde à vue lundi matin. « À 10h25, le commissariat d’Auch a procédé au placement en garde à vue du frère de Jérôme B […] des chefs de viol sur mineur de plus de 15 ans, viol par conjoint, séquestration et menace de mort réitérée par conjoint », avait souligné la procureure d’Auch Clémence Meyer, sans plus de précision. Les faits ont été commis entre 2007 et 2017, avait précisé ce parquet.
Après le placement en garde à vue de la réalisatrice du film « Les chatouilles » ce mardi matin, le parquet a fait savoir avoir « d’emblée » classé sans suite la procédure car les poursuites « ne paraissent pas proportionnées ».
Andréa Bescond a été interpellée lundi soir alors qu’elle participait et avait appelé au rassemblement, place Vendôme à Paris, pour protester contre le traitement judiciaire des affaires d’agressions sexuelles sur mineurs, après le meurtre de la petite Lyhanna. Ce rassemblement avait été interdit par la préfecture de police.
Alors que les juges et enquêteurs sont pointés du doigt, le Premier ministre a apporté son soutien aux salariés de la justice. « Je ne veux pas qu’on jette l’opprobre sur celles et ceux qui ont fait voeu de protéger les autres », a déclaré Sébastien Lecornu devant l’Assemblée nationale.
Sébastien Lecornu a redit sa « confiance » en « l’ensemble des métiers de justice » devant les députés de l’Assemblée.
Lors des questions des parlementaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé qu’il allait recevoir les députés partisans d’un texte global sur les violences sexistes et sexuelles « en fin de semaine ».
«C’est l’horreur qui nous oblige à regarder la réalité en face »… Ces mots prononcés par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez arrivent comme une véritable gifle adressée au ministre de la Justice. La parlementaire accus Gérald Darmanin de ne pas avoir poussé pour qu’une « loi intégrale » soit rapidement adoptée par le gouvernement.
En plus de renforcer les peines de prison des violeurs en série et de réduire les délais d’enquête, Sébastien Lecornu promet d’autres mesures « en cours de finalisation ». D’après le Premier ministre, elles seront intégrées dans le projet de loi sur la protection des enfants, déjà présenté en Conseil des ministres il y a une dizaine de jours et qui sera examiné par le Parlement en juillet.
Elle est connue pour avoir coréalisé le film « Les chatouilles » dénonçant la pédocriminalité. Andréa Bescond a été placée en garde à vue en marge d’un rassemblement devant le ministère de la Justice. La manifestation avait été interdite par la préfecture de police. La réalisatrice a rapidement été libérée, comme l’a dévoilé Le Parisien.
La maman de Rosa, qui a porté plainte en août 2025 pour dénoncer les viols de Jérôme Barella sur sa fille de 11 ans, assure avoir « appelé tous les lundis matins » pour connaître l’avancée de l’enquête. Alors que sa fille était chez le psychologue, cette maman appelait la gendarmerie. « A chaque fois, on me disait : l’affaire est en cours », a déploré la mère.
A l’occasion de cette conférence de presse, la mère de Rosa a critiqué la lenteur. « Rien n’a été fait », explique-t-elle, alors que sa fille a été examinée et entendue à plusieurs reprises. Si elle a décidé de prendre la parole, c’est pour « essayer de changer les choses » et qu’il n’y ait « pas d’autres enfants qui souffrent ».
La mère de Rosa, enfant de 11 ans qui accuse Jérôme Barella de viols, critique ouvertement les enquêteurs et les services de justice. Sa plainte déposée en août 2025 n’a jamais débouché sur une convocation du mis en cause. « La justice n’a pas fait son travail, je ne comprends pas pourquoi il faut attendre aussi longtemps ».
Sébastien Lecornu propose également que les actes d’enquête soient obligatoirement réalisés « dans un délai maximal de trois mois » afin d’accélérer les procédures. Une réponse aux critiques sur la lenteur des actes d’enquête concernant Jérôme Barella, qui avait fait l’objet de plusieurs plaintes et signalements.
Le Premier ministre a proposé de renforcer les peines pour les violeurs en série, qui pourront encourir la perpétuité au lieu de 20 ans maximum actuellement.
«[…] C’est inadmissible et c’est la raison pour laquelle nous déposons plainte pour faute lourde et mise en danger de la vie d’autrui contre l’Etat […] contre les enquêteurs, contre les procureurs d’Auch et Toulouse, et contre Gérald Darmanin », poursuit-il.
«Rosa » a été violée « à une dizaine de reprises par Jérôme Barella », affirme Pierre Debuisson qui pointe des « enquêteurs paresseux ».
«Je suis là pour essayer de changer les choses pour qu’aucun enfant ne souffre comme a souffert ma fille », explique la maman de « Rosa » qui a déposé plainte en août 2025 contre Jérôme Barella pour viols sur sa fille de 11 ans. Elle s’exprime lors d’une conférence de presse avec son avocat, Pierre Debuisson, depuis Toulouse.
Les critiques d’une partie de la classe politique et de la population visant les magistrats affectent bon nombre de procureurs et de juges. « Il nous manque toujours des magistrats qui nous avaient été annoncés pour 2026 », témoigne un magistrat parisien. Face aux critiques, ce dernier décrit des collègues « sous l’eau » et « blessés d’être jetés en pâture ».




