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Laurent Nuñez, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu à l’Assemblée le 2 juin 2026

Après l’effroi et la colère, un début de réponse. Les rapports des inspections diligentées pour comprendre les dysfonctionnements de l’affaire Lyhanna doivent être remis ce lundi 22 juin au gouvernement. Les premiers éléments divulgués dans la presse dès dimanche pointent vers des erreurs individuelles, comme l’avait anticipé le gouvernement. Lequel n’est pas sorti d’affaire pour autant.

Ces rapports devaient déterminer pourquoi les deux plaintes et signalements déposés contre Jérôme Barella avant le drame du Gers n’ont pas donné lieu à une procédure judiciaire approfondie. Le principal suspect était visé par deux plaintes pour viols sur mineurs, en 2022 et 2025. La première a été classée sans suite, tandis que la seconde n’a pas donné lieu aux actes d’enquête attendus. Il avait aussi fait l’objet d’un signalement et d’un renvoi d’un lycée pour comportement inapproprié envers une élève.

Les premières conclusions rendues publiques à la veille de la remise officielle portent sur le suivi du dossier de 2025. La plainte, reçue par les gendarmes de Haute-Garonne, a été transmise au parquet d’Auch, dans le Gers où Jérôme Barella était domicilié. Par voie postale et sans caractère d’urgence. Le dossier n’aurait été ouvert que plusieurs semaines après réception, puis attribué, là encore avec un délai, à un service d’enquête. Selon Le Parisien, « la procédure a fait deux allers-retours entre la Haute-Garonne et le Gers, avant que l’enquête soit réellement ouverte ». Avec pour conséquence une perte de temps considérable dans l’avancée des investigations.

Selon La Tribune, deux personnes seraient particulièrement mises en cause : la substitut en charge des mineurs au parquet d’Auch et l’officier de police judiciaire (OPJ) en charge de l’enquête. C’est donc la piste de défaillances individuelles qui se dessine et non celle d’un manque de moyens dans l’univers de la justice. La ligne défense de l’exécutif, qui avait récusé tout manque de moyens, s’en retrouve confortée. Mais les conclusions doivent aussi être maniées précautionneusement par le gouvernement. Il lui faut d’un côté répondre à la colère de l’opinion publique et de l’autre, ne pas jeter l’opprobre sur les institutions, donnant ainsi l’impression de vouloir diluer sa responsabilité.

Alors qu’il s’était attiré les foudres du monde judiciaire en évoquant avant le début des enquêtes internes de possibles sanctions individuelles, Gérald Darmanin s’est adressé aux magistrats une semaine avant la remise des rapports. Dans un courrier daté du 15 juin et relayée sur son compte X, le Garde des Sceaux défend sa ligne, affirmant que « personne ne comprendrait que des fautes professionnelles établies ne soient pas sanctionnées ». Mais parallèlement à cette posture de fermeté, le Garde des Sceaux a aussi pris soin de tempérer son discours.

La missive est manuscrite, comme pour mieux insister sur sa dimension personnelle. Gérald Darmanin y défend son engagement en faveur des magistrats depuis son arrivée place Vendôme « pour obtenir les moyens supplémentaires et les arbitrages attendus en faveur de la Chancellerie et de ses personnels ». Il redit « la confiance du gouvernement dans votre très difficile tâche si importante pour nos concitoyens et la paix sociale » et insiste sur son « attachement viscéral à l’indépendance de la magistrature ».

Autant de déclarations qui jouent la proximité avec ses troupes pour éviter « le procès de l’institution et le découragement » redouté à Matignon, rapporte franceinfo. Il n’est pas le seul à se livrer à cette opération de câlinothérapie. Lors d’une réunion avec les responsables de la police et de la gendarmerie le 17 juin, son collègue de l’Intérieur Laurent Nuñez leur a redit son « soutien » et sa « confiance » et promis de « veiller » à ce que cette affaire « ne jette pas le discrédit sur l’ensemble du travail accompli par les forces de sécurité ». Ce dimanche 21 juin, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a aussi défendu les dispositifs de protection des mineurs instaurés à l’école, « premier signaleur de France ». « Je n’ai pas d’éléments qui révéleraient une défaillance de l’Éducation nationale », a-t-il déclaré dans Dimanche en Politique sur France 3.

En face, des parlementaires poussent pour que soit examinée au Parlement une loi « intégrale » de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ils ont été reçus par le Premier ministre, qui a proposé des mesures qui iront enrichir un projet de loi déjà adopté sur la protection des enfants. Sans s’opposer à l’initiative parlementaire, Sébastien Lecornu leur a dit s’attacher davantage à une « réponse intégrale » qu’à une nouvelle loi.

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