Lors de son premier grand meeting, dimanche à Paris, Édouard Philippe a cherché à s’imposer comme le candidat du centre droit. Un lancement marqué par un discours de responsabilité, mais encore avare en propositions concrètes.
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Ça y est, Édouard Philippe est entré dans le grand bain de la campagne présidentielle. Objectif : s’imposer comme le seul recours au centre droit. C’était tout l’enjeu du grand rassemblement organisé dimanche 5 juillet à Paris. Depuis des mois, ses soutiens lui demandaient d’accélérer, de “fendre l’armure”, inquiets d’un candidat qui prend son temps, économise sa parole, quitte à se faire oublier.
Les proches du maire du Havre en sont convaincus : être le plus central ou le mieux placé dans les sondages pour battre le Rassemblement national ne suffit pas à créer une dynamique. Il faut susciter le désir, provoquer l’adhésion, bref, emporter les Français avec soi. Édouard Philippe s’y emploie, tout en prévenant d’emblée qu’il ne changera pas. Pas question de faire la une de Paris Match en famille ni de s’exposer sur les réseaux sociaux.
Une manière de cultiver sa différence avec Gabriel Attal, son concurrent au centre, très actif sur TikTok et Instagram, et que le Havrais considère, en privé, comme un pur produit marketing. Édouard Philippe n’a prononcé ni son nom, ni celui de Bruno Retailleau, deux candidatures qui, si elles se maintiennent jusqu’au bout, pourraient mécaniquement l’empêcher d’accéder au second tour en se partageant les voix du centre et de la droite.
Pour les distancer et, à terme, les décourager, le maire du Havre compte sur les sondages. Mais il refuse de promettre la lune aux électeurs de son camp. Sa campagne, assure-t-il, sera sérieuse. “L’heure est aux choix et aux efforts collectifs” pour reprendre en main le pays. Cette stratégie n’est pas sans rappeler celle de François Fillon en 2016, lorsqu’il promettait “le courage de la vérité”. À l’époque, celui qui était caricaturé en “père la rigueur” avait pourtant remporté, à la surprise générale, la primaire de la droite face aux juppéistes, dont faisait partie Édouard Philippe. Ce dernier ne l’a manifestement pas oublié : dimanche, il a prononcé à six reprises le mot “vérité”.
Reste que, sur les efforts demandés aux Français, les réponses demeurent très floues. Édouard Philippe s’est contenté d’esquisser une direction, sans présenter de mesures précises ni de réformes concrètes. Son silence a été particulièrement remarqué sur les retraites, l’un des sujets les plus clivants de la prochaine présidentielle. Quel âge de départ défend-il aujourd’hui ? Envisage-t-il toujours un référendum sur cette question ? En 2021, il avait évoqué un départ à 67 ans, une position qui lui colle toujours à la peau. Mais, de tout cela, il n’a pas été question dimanche. Entrer en campagne, oui ; offrir trop tôt des angles d’attaque à ses adversaires, non. La vérité, oui… mais seulement quand Édouard Philippe l’aura décidé.




