François Patriat en décembre 2024.
Il était un très proche d’Emmanuel Macron. Le sénateur de Côte-d’Or François Patriat, 83 ans, est décédé ce mercredi. Figure importante de la vie politique bourguignonne, il présidait le groupe macroniste au Sénat depuis 2017. Longtemps, il a appartenu au Parti socialiste, au point d’être nommé secrétaire d’État au commerce puis ministre de l’Agriculture sous Lionel Jospin.
« La Côte d’Or et la Bourgogne perdent l’un de leurs plus fidèles serviteurs. La République, l’un de ses plus infatigables artisans. Pour ma part, je perds un ami cher », a réagi Emmanuel Macron, présentant ses « condoléances les plus émues » à « ceux qui l’aimaient ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu a lui aussi rendu hommage à François Patriat qui, selon lui, « incarnait une certaine conception de la fraternité républicaine ». « La vie politique perd l’une de ses figures les plus attachantes. La République perd un homme qui l’a servie avec constance », exprime-t-il.
Dans les années 1980, il se lie d’amitié avec François Mitterrand, l’accompagnant notamment dans ses parties de golf. « Je suis le seul spécimen rocardien-mitterrandiste », se vante-t-il alors. Plus tard, François Patriat se décrit comme un « social-libéral », prend ses distances avec l’aile gauche du PS et se rapproche de Dominique Strauss-Kahn.
Dès 2016, l’ancien président du conseil régional de Bourgogne avait rejoint l’aventure macroniste. Qu’importe les menaces d’exclusion du Parti socialiste, il disait vouloir se mettre « en marche pour Emmanuel Macron ». « Sa vie entière, il aura servi les Français avec dévouement, bienveillance et intelligence », salué aujourd’hui la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé.
Dans un communiqué, les sénateurs du groupe Démocrates, Progressistes et Indépendants soulignent que François Patriat était un « amoureux de son territoire », la Bourgogne, et qu’il en aura été « l’un de ses plus fiers ambassadeurs et courageux défenseurs ». « Nous retiendrons de lui sa gentillesse et son humour, son intelligence et sa force », écrivent-ils. Leurs collègues centristes font eux aussi part de leur « grande tristesse ». « François Patriat était avant tout un élu de terrain. Au-delà d’un président de groupe dynamique et engagé, nous perdons un ami », soulignent-ils.
Ne briguant pas de nouveau mandat aux élections sénatoriales de septembre, François Patriat avait prévu de prendre du recul sur la vie politique. Le 8 juillet, il prenait la parole pour la dernière fois dans l’hémicycle. « Après 18 années au Sénat et 35 années de vie parlementaire », il faisait alors part de son « émotion ». Et renouvelait, une fois de plus, son indéfectible soutien à Emmanuel Macron.




